République Démocratique du Congo
Diocèse de Mbuji-Mayi

 

 

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QUELLE ESPERANCE POUR LE CONGO

 REUNIFIE ET PACIFIE ?

Message Pascal : 11 avril 2004

 

 Mes très chers Frères et Sœurs,

Introduction

1.     Une fois encore, l’Eglise de Dieu nous donne la joie de célébrer la grande fête chrétienne de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, ce dimanche 11 avril 2004.

2.    En vous souhaitant la Bonne et Sainte Fête de Pâques, je tiens d’abord à vous féliciter tous : prêtres, religieux et religieuses, les fidèles chrétiens de toutes nos paroisses et communautés ecclésiales, pour les grands efforts particuliers de prières, de demande de conversion intérieure, de sacrifices acceptés, de générosité et de charité envers les autres, efforts que vous vous êtes librement imposés pour vous préparer à recevoir les grandes grâces de notre Foi dans la Résurrection du Christ-Jésus.

3.    Par la puissance de la Foi en la toute puissance de Dieu, qui finit toujours par réaliser ses desseins, d’une manière ou d’une autre, et dans le moment venu, par l’efficacité de la Résurrection du Christ venant assurer la fécondité de nos propres efforts humains, sachons que le monde dans son ensemble et notre Pays, le Congo, en particulier, sont appelés à se transformer vers le meilleur, de jour en jour et d’année en année.

4.    Quand nous considérons l’évolution de notre Pays, le Congo, cette année 2004 doit être considérée et vécue comme une année décisive, au regard des deux années au plus, à venir, où doivent être mises en place les Institutions et structures générales, constitutionnelles et stables, qui doivent permettre à la Nouvelle République Unie du Congo, de fonctionner enfin normalement, dans la paix et l’harmonie de la concorde et de la solidarité nationale.

5.    Comme vous le savez, accompagnant les efforts de toute la Nation congolaise et de chacun là où il est et dans sa sphère d’action, l’Eglise, par vos Evêques, soutient et éclaire les voies sûres du cheminement vers les objectifs nationaux à atteindre et à accomplir.

I. Les appels de l’Eglise Congolaise aujourd’hui

Mes chers Frères et Sœurs,

1.     Vos Pères dans la Foi, les Evêques du Congo, par la voix du Comité Permanent de la Conférence Episcopale Nationale (la CENCO), ont adressé le 14 février dernier un important message au Peuple de Dieu, message intitulé : « Pour l’amour du Congo, je me tairai pas ».

Ce message a fait choc et a été fort diffusé et beaucoup commenté. Après avoir noté tous les points positifs et les progrès réels que l’on constate en ce moment de la Transition, vos Evêques ont attiré l’attention sur les zones d’ombres, préoccupations et inquiétudes qui persistent encore, et auxquelles il faut remédier de toute urgence. Les Evêques vous rappellent encore les conditions pour un bon et heureux aboutissement de la Transition politique nationale

Réunification et Pacification

2.     Sur la voie de la Réunification pacifique du Pays, vos Evêques font d’abord ce constat positif.

« Six mois après le début de la Transition, des signes de bonne augure sont notables. En dépit de quelques foyers de tension qui continuent à semer la terreur et la mort des populations civiles, le processus de pacification marque des avancées réelles.

Bien qu’hésitante, la réunification du pays tend à devenir une réalité. Les liaisons commerciales ont été rétablies. Timide, certes, le trafic aérien, routier, ferroviaire et fluvial relie désormais les différents coins du Pays, autrefois séparés du fait de la guerre, facilitant de la sorte la circulation des biens et des personnes ainsi que les échanges commerciaux. La circulation de la monnaie unique, tout comme la diffusion radio-télévisée et les liaisons téléphoniques à l’échelle nationale sont autant de signes encourageants de la réunification du pays dont le peuple se réjouit. »

Et vos Evêques se réjouissent de constater, par ailleurs, que le Congo reprend progressivement sa place sur la scène internationale.

« La reprise annoncée ou déjà effective de certains secteurs de la coopération bilatérale est l’expression de la reconnaissance, - au plan national et international -, de la renaissance de notre nation ».

Des ratés dans le processus de la Réunification à dépasser

3.     Tout en espérant l’issue positive globale du processus de consolidation nationale, vos Evêques relèvent qu’alors que les efforts pour la réunification du pays ont suscité une grande vague d’enthousiasme au sein du peuple congolais, certaines personnes ne semblent pas encore réaliser que cette réunification doit être effective et totale.

D’où, des comportements ambigus, contraires à l’esprit de la reconstruction nationale, qui se constatent encore chez certains. De tels comportements ne peuvent que retarder le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du Pays et démontrent le manque de loyauté de certains protagonistes du nouvel ordre politique. – En outre, notent les Evêques, ce comportement favorise la poursuite du pillage du Pays, tant de fois dénoncé mais sans aucune action effective de suivi, et des décisions concrètes pur l’arrêter enfin.

II. L’Eglise au service de la Nation Congolaise pendant la Transition

4.     Les Evêques invitent la classe politique, tous les cadres et dirigeants, ainsi que l’ensemble du peuple congolais, à un effort supplémentaire en ce moment, pour sauver encore la Nation, en tenant bon dans la Foi et dans la grande confiance dans l’avenir.

Les quelques ratés de la Transition encore constatés, ne découragent pas et ne détournent pas, pour autant, de la volonté de l’Eglise de se mettre au service de la Nation congolaise.