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L’Education civique du Peuple pour la préparation aux Elections Nationales de 2005
1. L’engagement de l’Episcopat sur ce point est clair et précis. « Solidaires des aspirations du peuple, nous, Pasteurs de l’Eglise catholique, réaffirmons avec force notre engagement à contribuer à la préparation aux élections qui doivent sanctionner la fin de la Transition, que nous espérons être la dernière dans l’histoire de notre Pays. Pour cela, fidèles à notre mission évangélisatrice (cfr. Mt 28, 19), nous préconisons d’aider la Nation en préparant le peuple aux élections, à travers une éducation civique responsable et engageante de nos diocèses, selon un programme pastoral conçu à cet effet. Pour nous, les élections doivent se tenir dans le délai défini par l’Accord global et inclusif. Toutes les dispositions doivent être prises à cet effet. Il en va de la vie de toute la Nation. » 2. La campagne pour l’accompagnement de la Transition et la préparation des Elections, décidée par la Conférence Episcopale nationale du Congo (CENCO), fut lancée le 9 mars 2004 à Kinshasa.
Lancement de la Campagne à Mbuji-Mayi 3. A partir de ce jour de Pâques 2004, avec le Clergé, les Religieux et Religieuses, les laïcs cadres et les Responsables des communautés ecclésiales, nous lançons, pour le Diocèse de Mbuji-Mayi, la campagne spéciale de formation civique et électorale. Celle-ci mobilisera toutes les communautés ecclésiales pour faire en sorte que la Transition se déroule de façon pacifique et bien ordonnée, qui puisse déboucher sur des Elections vraiment libres et transparentes, en vue d’un Etat réellement de droit et démocratique. 4. Cette campagne comportera la formation chrétienne à la paix, à la démocratie et vers un Etat de droit, la formation aux droits de l’Homme et les mécanismes de leur protection, la formation au leadership chrétien, à l’information et la formation sur le Projet de la Constitution de la troisième république, et enfin la formation électorale. Autour de chaque module de la formation civique et électorale, il sera question de dégager les actions concrètes de proximité à mener. Au cours des Sessions de formation civique, seront expliqués et bien commentés les "dix commandements pour une élection responsable", selon le schéma ci-après établi au sein de l'Eglise catholique, en vue du choix libre et conscient de personnes vraiment convenables, parce que méritantes, qualifiées et capables. Voici ces dix commandements :
1. Selon ta conscience, tu voteras. 2. Le choix d'autrui, tu respecteras. 3. L'intégrité morale, les aptitudes et autres qualités des candidats à élire, tu chercheras à les connaître. 4. Les programmes, les objectifs et les projets majeurs des candidats à élire et leurs partis tu t'efforceras à comprendre. 5. Ton vote, tu ne le vendras point. 6. Les candidats usant de la violence et des pots de vin, tu ne les choisiras pas. 7. Les candidats corruptibles, corrompus et corrupteurs, tu ne les éliras pas. 8. Tu ne choisiras pas un candidat simplement à cause de son appartenance familiale ou ethnique. 9. Tu refuseras délire les candidats qui mènent une vie immorale. 10.Dans le choix du candidat à élire, tu veilleras à privilégier le bien-être de la communauté. Notre souhait est que les agents pastoraux et tous ceux qui le peuvent, s’efforcent de suivre personnellement les sessions qui seront organisées.
III. Grandes Options pour l’Organisation Constitutionnelle du Pays. 5. A l’heure actuelle, les Institutions du Pays fonctionnent sur la base d’une Constitution de Transition. D’ores et déjà, a été lancée une grande et large Consultation nationale sur les grandes options et les orientations qu’il convient de se fixer et d’inscrire dans la Constitution Nationale, qui sera celle de la IIIème République. L’Eglise, comme on le sait, a toujours contribué à l’élaboration de la Constitution nationale du Pays depuis l’accession du Congo à l’Indépendance en 1960. Ainsi, l’Eglise fut présente dans la commission qui élabora et rédigea le Projet de la Constitution de Luluabourg en 1964. – Elle contribua au Projet de Constitution de 1967. Et au cours de la période de la « transition » qui court toujours depuis 1990, l’Eglise est intervenue pur le Projet Constitutionnel qui fut adopté en 1992 à la CNS (Conférence Nationale Souveraine). – Et plus récemment, elle a pris part à la Consultation qui fut lancée pour le Projet de Nouvelle Constitution de 1998. 6. La Conférence Episcopale Nationale du Congo présentera officiellement, le moment venu, les éléments de sa contribution générale à l’élaboration de la Constitution Nationale. – Ici nous indiquons à titre particulier quelques propositions pour la prochaine Constitution, compte tenu de réflexions déjà menées sur le plan national général et dans le cadre diocésain. – Nous avions déjà abordé ce point lors de notre Synode diocésain en 1995. Propositions pour la prochaine Constitution Nous nous en tenons ici à quelques éléments fondamentaux et principaux 1° Structure et organisation générale de l’Etat Le moment est venu aujourd’hui de franchir décidément le pas de la décision pour la structure fortement et réellement décentralisée, fédérale ou de type fédéral. Une telle structure, veillant bien sûr au bon fonctionnement et au développement harmonieux et équilibré du Pouvoir Central autant que de toutes les entités territoriales du Pays, fut proposée, sur base d’analyses objectives, comme convenant à un Pays comme le Congo, dès avant l’Indépendance Nationale, en 1956, et par la suite successivement dans tous les Projets constitutionnels. – Bien conçue et adéquatement formulée, une telle structure, loin de conduire par elle-même, comme certains pourraient le craindre, à des dérives de conflits et de dissensions, ne pourra que contribuer au contraire au développement national d’ensemble, en même temps qu’au fort développement concomitant et à l’épanouissement de chacune des provinces ou grandes régions du Congo. – Les spécialistes et experts se réfèreront pour les précisions et les mises au point, à titre comparatif à ce sujet, à certaines structurations intervenues dans ce sens dans certains pays à travers le monde, ces dernières années. 2° Conditions générales d’ordre structurel, sur le plan du fonctionnement administratif et politique, en vue d’assurer les conditions de la « bonne gouvernance » dont on parle tant aujourd’hui. - Il ne suffit pas de clamer la nécessité urgente de la "bonne gouvernance", il faut lui donner des garanties solides d'ordre constitutionnel et structurel, et de conjoncture économico-sociale favorable. 3° Détermination constitutionnelle stricte et rigoureuse des conditions et des critères de désignation et de nomination des Grands Responsables et Dirigeants nationaux des Secteurs politiques, économico-industriels, et scientifico-culturels. Des modèles très intéressants et qui ont prouvé leur efficacité dans de Grands Pays sur ce point, sont à examiner. 4° Décision dès maintenant de revoir et de redéterminer la conception et le fonctionnement du système des Partis Politiques. Comme cela a été fait ailleurs et tel que cela fonctionne dans de très grands pays d’une manière efficace et donnant satisfaction : réduire le nombre des Partis, sur les plans aussi bien national que provincial ou régional, à trois ou quatre formations politiques. En effet, les grands et décisifs courants et options d’engagement politique et socio-économique peuvent se ramener en fait à un très petit nombre d’options à prendre. A ce propos, il est souhaitable, pour le moins, qu'interviennent des regroupements sans forme d'alliances et d'apparentements des partis poursuivant les mêmes objectifs polarisés, à atteindre et réaliser. 5° Appellation du Pays Pour plusieurs raisons bien établies et connues, il faut procéder à une nouvelle appellation du Pays, et il est demandé de faire des propositions à ce sujet pour signifier et rappeler en même temps le grand acquis, les efforts d’Unité et de la Réunification du Pays sans cesse démontrés et imperturbablement revendiqués. L'appellation qui convient le mieux et est adéquate est celle de : REPUBLIQUE UNIE DU CONGO. Notre Synode diocésain, avait quant à lui proposé déjà la forme et l’appellation de : REPUBLIQUE FEDERALE DU CONGO.
Exhortation finale
Mes chers Frères et Sœurs 1. La célébration de la Fête de Pâques doit être chaque année pour les chrétiens l’occasion et le temps fort d’un profond renouvellement intérieur de soi, en même temps que d’amélioration des structures de fonctionnement dans l’Eglise et dans la société. Saisissons l’occasion pour nous ouvrir aux grands horizons de progrès qui s’ouvrent en particulier pour notre Pays. – Préparons-nous bien aux grandes échéances nationales de ces deux années décisives : 2004 et 2005. 2. En terminant ce message pascal, je recommande spécialement aux cadres dirigeants et intellectuels, appelés à constituer le leadership en tous les domaines, dont notre Pays ressent le plus grand besoin, les lignes de réflexions qui suivent. Elles émanent d’un très haut cadre congolais de pensée et d’action suite à la lecture du Message des Évêques congolais du 14 février 2004 : « L’Eglise catholique fait là comme à d’autres occasions et moments historiques, acte de conscience et du sens élevé de responsabilité de la part de ses princes, nos pasteurs. Est-ce un signe des temps ? « Le niveau de destruction physique et morale ainsi que d’insécurité humaine dans le pays a créé un climat général de pauvreté matérielle et surtout de pauvreté morale. Cette dernière est accentuée par le fait que ni les lois de l’Etat ni celles de nos traditions ne garantissent la sécurité des personnes. Seules les valeurs religieuses rassurent les populations et leur donnent une raison d’espérer dans le présent et l’avenir. – D’où ce sursaut de religiosité, de spiritualité et de crédulité, qu'exploitent la nouvelle floraison de "Pasteurs", comme du nouveau "business" à la mode. En une telle période les populations ont besoin d'un message comme celui que vous nos Évêques venez de faire aux autorités, aux institutions nationales et à l'opinion publique en général". Et l'auteur de ces réflexions termine par une plainte adressée aux cadres dirigeants et intellectuels congolais : "Une plainte… parce que, si notre élite religieuse prend de temps en temps ses responsabilités religieuses et sociales comme vrais pasteurs du peuple de Dieu au Congo, il manque l'action conjuguée avec d'autres élites qui brillent par leur absence dans la pensée éclairante et dans l'action. Je pense à l'élite sociale, l'élite économique, l'élite politique, si tant est qu'elle existe, et l'élite intellectuelle en particulier. Pour l'amour du Congo, ces élites ne devraient pas se taire!" x x x Chers Frères et Sœurs, Avec tous les Évêques du Congo, je vous redis : le destin du Congo n'est pas condamné à rester une tragédie. Je vous exhorte à travailler, en collaboration avec tous nos compatriotes, à hâter l'avènement du règne de paix, de justice, de vérité, d'amour, et de progrès incessant dans notre pays. Rien n'est impossible avec Dieu (cfr Lc 1, 37). La Foi en la Résurrection du Christ-Jésus est pour nous le puissant garant de l'avenir. Dans la joie de la Fête Pascale, et pour la pleine réussite de la transition nationale, j'implore sur Vous l'intercession de Notre Dame de l'Espérance, Patronne de notre Diocèse.
Votre Évêque Mgr Tharcisse TSHIBANGU Évêque de Mbuji-Mayi En la fête de Pâques, le 11 avril 2004
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